Que l’on arrive côté fleuve ou côté ville, il faut prendre le temps de faire tranquillement le tour du Musée pour prendre la mesure de l’édifice. L’architecte Gehry l’a conçu comme une fleur de métal, du titane en réalité, et pour bien saisir les effets changeants de cette architecture, il ne faut pas hésiter à emprunter le pont qui longe le musée,et à traverser le fleuve. On profite ainsi d’une vue d’ensemble où le musée prend des airs de vaisseau amarré et prêt à partir au long cours.
Au retour en descendant vers la passerelle, le long du fleuve Nervion, on reste fasciné par l’araignée géante, Maman, de Louise Bourgeois, dont on n’arrive pas à déterminer si elle va nous considérer comme ses « petits » à protéger ou comme des intrus à chasser !!!   En faisant le tour complet, on revient à l’entrée gardée par Puppy de Jeff Koons, structure entièrement recouverte de plantes en fleurs. A l’intérieur , certaines pièces de la collection permanente sont à l’échelle du musée ; ainsi, dans l’immense salle appelée Arcelor-Mittal, on est tout d’abord impressionné par l’installation Matière du temps de Richard Serra qui occupe toute la salle. On passe de l’étonnement pour une oeuvre monumentale à la fascination lorsqu’en déambulant entre les plaques de métal , celles-ci se transforment et créent un vertige et des sensations qui donnent envie de refaire le parcours et de laisser filer le temps…. Des oeuvres trouvent place aussi à l’extérieur sur des terrasses, comme les Tulipes de Jeff Koons dont les dimensions (surement deux mètres de haut),  les couleurs vives et gaies et la matière très brillante, renvoient à chaque vsiteur, une image déformée de lui-même et de la ville derrière ; image qui rappelle les miroirs déformants des fêtes foraines.
En ressortant, une autre expérience visuelle nous est offerte avec les reflets dans les sphères de l’oeuvre de Anish Kapoor, Grand arbre et l’oeil dont je ne pourrais dire mieux les intentions que le texte du musée : « Les surfaces des sphères se reflètent et réfléchissent les unes dans les autres, créant et dissolvant en même temps la forme et l’espace. Les images de la ville et de la ria de Bilbao, l’intervention sculpturale de Buren sur le pont de la Salve (Arcos rojos/Arku gorriak, 2007) et le propre musée acquièrent une suspension dynamique. Kapoor nous rappelle l’instabilité et le caractère éphémère de notre vision et par extension, de notre monde. »
Et si l’on a la chance d’une journée ensoleillée, il faut profiter des jeux de couleurs et de lumières sur le titane qui recouvre le Musée.